Se lancer en freelance sans créer de société grâce au portage salarial

Vous avez une expertise, des clients prêts à vous faire confiance, mais l’idée de créer une société vous freine. Rédiger des statuts, choisir entre SASU et EURL, gérer la comptabilité : ces étapes administratives découragent chaque année des milliers de professionnels.

Le portage salarial permet de contourner cette barrière. Vous facturez vos missions comme un freelance, tout en étant salarié d’une société de portage qui prend en charge la gestion administrative. Voici comment ce dispositif fonctionne concrètement, ce qu’il coûte, et à qui il convient vraiment.

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Le contrat de travail en portage salarial : CDD, CDI et convention collective

Le portage salarial repose sur une relation tripartite. Vous (le consultant), votre client (l’entreprise qui achète votre prestation), et la société de portage (votre employeur légal). Vous signez un contrat de travail avec la société de portage, pas avec votre client.

Deux formats existent : le CDD et le CDI. La convention collective du portage salarial (IDCC 3288) encadre les deux. Depuis la réforme de 2025, le CDI est renforcé pour les salariés portés à temps plein, ce qui limite le recours aux CDD successifs et stabilise les revenus entre deux missions.

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Concrètement, le CDI en portage ne garantit pas un salaire fixe permanent. Entre deux missions, vous êtes en inter-contrat, sans rémunération. L’avantage du CDI porte sur l’accès facilité au crédit immobilier et sur la continuité des droits sociaux. Pour lancer une simulation portage salarial, il suffit de connaître votre taux journalier moyen (TJM) et le nombre de jours facturés par mois.

Consultant indépendant en portage salarial gérant sa facturation dans un bureau moderne avec vue sur la ville

Portage salarial et protection sociale : ce que vous conservez du salariat classique

Pourquoi ne pas simplement opter pour la micro-entreprise ? La réponse tient en deux mots : protection sociale. En portage, vous êtes affilié au régime général de la sécurité sociale, exactement comme un salarié classique.

Cela signifie que vous cotisez pour la retraite de base et complémentaire, que vous êtes couvert par une mutuelle d’entreprise, et que vous accumulez des droits à l’assurance chômage. Ce dernier point est décisif. Un micro-entrepreneur qui perd ses clients ne touche rien. Un salarié porté peut ouvrir des droits à l’allocation de retour à l’emploi (ARE), sous les conditions habituelles de durée d’affiliation.

Les avantages salariaux ne s’arrêtent pas là. Selon les sociétés de portage, vous pouvez aussi bénéficier de :

  • Tickets restaurant, qui réduisent votre base imposable sur la part employeur
  • Plan d’épargne entreprise (PEE) et PERCO, pour préparer votre retraite avec un abondement éventuel
  • Comité d’entreprise, donnant accès à des réductions sur les loisirs, la culture ou les vacances

Un freelance en SASU peut s’accorder certains de ces avantages, mais au prix d’une gestion comptable plus lourde et de charges patronales assumées seul.

Frais de gestion en portage : comprendre ce que vous payez réellement

Le portage salarial a un coût. La société de portage prélève des frais de gestion sur votre chiffre d’affaires, généralement compris entre 5 % et 12 %. Ce pourcentage couvre la facturation, l’édition des bulletins de paie, les déclarations sociales et fiscales, et le suivi administratif.

Le piège fréquent : des frais annoncés bas mais assortis de coûts cachés. Certaines structures facturent en sus la responsabilité civile professionnelle, les frais de virement, ou encore la gestion des notes de frais. Pour éviter les mauvaises surprises, vérifiez si la société est certifiée par un syndicat professionnel comme la Fedep’s, qui impose un label zéro frais caché.

Prenons un exemple simple. Avec un TJM de 500 euros et 18 jours facturés par mois, votre chiffre d’affaires brut atteint 9 000 euros. Après déduction des frais de gestion, des cotisations sociales (patronales et salariales), il vous reste un salaire net qui représente environ la moitié du CA facturé. Ce ratio varie selon votre profil et les avantages que vous choisissez d’activer.

Le seuil de rentabilité à garder en tête

Le portage salarial s’adresse aux consultants dont le TJM dépasse un certain plancher. En dessous de 350 euros par jour, le modèle devient difficile à rentabiliser. Les cotisations sociales du régime général, plus élevées que celles de la micro-entreprise, absorbent une part trop importante du chiffre d’affaires. Pour des missions courtes et peu facturées, le statut de micro-entrepreneur reste souvent plus adapté.

Réunion entre un freelance en portage salarial et son interlocuteur professionnel dans une salle de réunion contemporaine

Portage salarial pour les seniors : une adoption qui s’accélère

Le portage salarial attire de plus en plus les professionnels de plus de 55 ans. Selon le rapport PEPS (Professionnels de l’Emploi en Portage Salarial) publié en janvier 2026, cette tranche d’âge représente une part croissante des salariés portés.

La raison est logique. Un cadre qui part en retraite partielle ou progressive peut continuer à facturer des missions de conseil sans créer de société. Le portage offre un cadre sécurisé pour prolonger une activité professionnelle tout en cumulant des revenus complémentaires avec une pension.

Ce profil senior rejoint celui des managers de transition, des consultants RH ou finance qui interviennent sur des missions ponctuelles de trois à douze mois. Le portage leur évite la lourdeur d’une structure juridique pour des activités par nature temporaires.

Choisir sa société de portage : les critères qui comptent

Toutes les sociétés de portage ne se valent pas. Voici les points à vérifier avant de signer :

  • La transparence tarifaire : le pourcentage de frais de gestion est-il plafonné ? Y a-t-il des frais annexes non inclus dans le taux affiché ?
  • L’accompagnement humain : disposez-vous d’un interlocuteur dédié pour le suivi administratif et contractuel, ou passez-vous par un standard généraliste ?
  • Les avantages salariaux proposés : mutuelle, PEE, PERCO, tickets restaurant, avance sur salaire avant encaissement client
  • La couverture géographique et la capacité à gérer des missions à l’international

Sur ce terrain, embarq propose un modèle qui mérite attention. Cette société de portage salarial facture 6 % du chiffre d’affaires, plafonnés à 600 euros par mois, avec une dégressivité à partir de 10 000 euros de CA mensuel. La tarification est certifiée zéro frais caché par la Fedep’s. Chaque consultant dispose d’un Account Manager dédié et d’un Sales dédié pour le suivi contractuel, avec mutuelle, retraite, chômage, tickets restaurant, CE, PERCO, PEE et possibilité d’avance de salaire.

Le portage salarial ne convient pas à toutes les activités. Les professions réglementées (avocats, médecins, experts-comptables) en sont exclues, tout comme les activités de services à la personne. Pour les consultants IT, RH, finance ou marketing qui facturent au-delà du seuil minimal de TJM, c’est un moyen concret de travailler en indépendant sans passer par la case création d’entreprise, avec une couverture sociale que la micro-entreprise ne peut pas offrir.

Se lancer en freelance sans créer de société grâce au portage salarial